Cet article n’est pas un descriptif technique ou un topo complet de la première étape du Tour du Queyras. Il s’agit du récit de la randonnée reliant Ceillac à Saint-Véran que j’ai réalisée lors de mon trek de 7 jours dans cette région. Il est donc fait de mon point de vue et ne peut pas être objectif ! Ce qui est compliqué pour moi peut être facile pour vous, et inversement.

Le but est de vous livrer mes impressions, mes ressentis et une description de cette journée de marche afin que vous puissiez décider (ou non) de réaliser ce trek. Si vous avez déjà prévu de boucler le Tour du Queyras, vous pourrez peut-être y trouver quelques informations utiles !

> Ceillac – Saint – Véran : carte de la randonnée

 

Tour du Queyras : première suée

 

Après une vérification minutieuse de mon matériel, je quitte le camping municipal de Ceillac à 9h40 seulement. Au bout de 30 minutes de marche, le chemin longe un petit replat herbeux où mangent des marmottes. Elles sont là, à dix ou vingt mètres de mètres et ne prêtent pas attention aux randonneurs qui transpirent déjà.

Au bout d’une grosse heure de marche, le chemin s’élève en lacets raides à travers une petite forêt puis la vallée. Le chemin est facilement praticable et très bien balisé. Aux croisements, des panneaux indiquent les différentes directions. Les paysages composés de sapins, d’herbe sèche et de sommets minéraux me font penser à un curieux mélange de décors pyrénéens et méditerranéens.

Après avoir gravi 1000 mètres de dénivelé, on arrive au col des Estronques d’où se dégage la vallée de Saint-Véran, de l’autre côté. Je choisis de grimper sur la crête à droite pour parvenir au sommet de la Tête de Jacquette. Ce n’est pas un pic comme on les imagine traditionnellement, ni même un belvédère. Le sommet est plutôt fait d’un ensemble de petite colline ornées de cairns. Cet endroit me fait penser à une tête de géant dans laquelle on aurait creusé de petits trous.

En faisant le tour de ce sommet, on s’offre un panorama somptueux sur les vallées et les crêtes environnantes :

panorama de la tete de jacquette
sommet de la tete de jacquette tour du queyras
tour du queyras tete de la jacquette

Je fais la première ascension de ces 8 jours de marche en 2h50 alors qu’elle est estimée en 4 heures. Je suis donc confiant pour cette randonnée et la suite de ce Tour du Queyras. Avant le départ, j’appréhendais la façon dont allait réagir mon corps face au défi de monter et de descendre des dénivelés positifs supérieurs à 1000 mètres sur des dizaines de kilomètres chaque jours. Tout cela avec un sac de 15 kilos sur le dos. En courant ou en randonnant, ces derniers mois, mes jambes m’avaient signalé plusieurs fois de ralentir le rythme.

Mise à part une petite douleur passagère au genou gauche qui a disparu aussi vite qu’elle est arrivée, tout va bien ! C’est radicalement différent des difficultés et des douleurs monstrueuses que j’avais ressenties lors des premiers jours de ma traversée des Pyrénées, il y a deux ans. La course à pied livre ses premiers services.

 

De la Tête de Jacquette à Saint-Véran

 

La descente depuis le sommet de la Tête de Jacquette est raide mais sans difficultés techniques. Du col des Estronques, on descend d’abord dans les pierriers où l’on croise plusieurs sources. Le chemin descend ensuite à flanc de vallée pour finir dans la forêt. On arrive à une rivière qu’il faut traverser pour remonter une centaine de mètres et arriver à Saint-Véran.

 

Durant la descente, il me suffisais de lever la tête pour voir des marmottes, omniprésentes. Lorsque je ne les voyais pas, je les entendais !

tour du queyras marmotte

Saint-Véran, un musée à ciel ouvert sur le Tour du Queyras

 

Saint-Véran est un très beau village accroché à la pente de la montagne. C’est aussi la plus haute commune d’Europe.

Les maisons en bois à étages sont caractéristiques de ce village. Il s’agit des habitations typiques où vivaient les paysans d’autres fois. Elles étaient composées de deux bâtiments.

Le premier était vaste et élevé. En bas, l’étable accueillait les hommes et, au fond, les animaux qui produisent de la chaleur (les vaches ou les poules, par exemple, mais pas les brebis). Il s’agissait de la pièce commune. Ce mode de vie laisse deviner la rudesse des conditions de vie dans lesquelles les habitants vivaient, particulièrement durant l’hiver. A l’étage, le foin était stocké. Cette partie est fabriquée en bois et le toit est fait de troncs entrecroisées.

Le second bâtiment était accroché au premier, plus petit, et fabriqué en dur. Il était composé de la cave, la cuisine et de l’âtre.

cadran solaire saint veran tour du queyras
maison traditionnelle à saint véran
tour du queyras col des estronques saint véran
saint véran
De nombreuses maisons comme cela sont très bien conservées à Saint-Véran. En déambulant dans les rues de ce petit village, on peut aussi observer les cadrans solaires sur les façades, art typique de la région et marqueur social important de l’époque.

Quand on voit ces grandes maisons, elles semblent immenses par rapport à nos minuscules appartements. Pourtant, la vie devait y être terriblement plus dure, hommes et animaux devant vivre dans la même pièce pour partager leur chaleur.

Saint-Véran me fait penser à un musée à ciel ouvert. Tout y est bien conservé et on voit que les efforts faits dans ce sens sont grands. Cependant, comme dans un musée, même si les pièces à observer sont intéressantes, l’endroit est vide …

Chambre avec vue

 

Le soir, je décide de planter ma tente à côté du Pont Vieux et de la rivière, un peu plus bas. Je suis heureux de retrouver cette liberté que l’on ne ressent qu’en pleine nature, avec sa maison sur le dos. Le goût de mérite et de satisfaction de cette liberté est encore plus présent lorsque l’on a marché toute la journée pour enfin dresser le camp !

La rivière, le village, les sommets, la forêt, le coucher de soleil … Le décor est parfait ! A Saint-Véran, les habitations s’illuminent au fur et à mesure que le soleil descend. Quelques photos, un repas puis je finis cette première journée dans mon sac de couchage.

le village depuis le pont
Informations complémentaires

 

  • Dénivelé positif : 1318 mètres
  • Dénivelé négatif : 1100 mètres
  • Distance : 15 kilomètres
  • Temps de marche : 7 heures