Tour du Queyras / Jour 5 : d’Abriès au Pic du Malrif

 

Ce matin, je lève le camp peu après 8 heures. Le ciel est voilé mais pas menaçant.

La première heure de marche jusqu’à la bergerie des Bertins (2050m), une petite cabane construite à côté d’une rivière, est facile. Mais à partir de là, la montée à travers les alpages se fait vite plus raide. Je pousse, je souffle, je transpire.

Au bout d’une bonne heure de marche, alors que je m’apprête à faire une pause, j’aperçois la croix du Grand Laus (2580 m), signe que j’arrive au lac. Le lac du Grand Laus (prononcer comme «l’eau» et pas «l’os) est le plus grand d’un ensemble de trois lacs glaciaires. Je pose mon sac à côté de l’eau, heureux d’avoir achevé cette étape dans l’étape.

C’est ce moment que choisit la pluie pour s’inviter sur mon tour du Queyras ! Heureusement, elle ne dure que quelques minutes pour quelques gouttes. Les nuages s’éloignent ensuite dans la vallée, loin de ma destination. Je prend quelques instants pour écrire et faire des photos.

Je continue en montant jusq’au col du Malrif (2830 m) en prenant le chemin raide qui grimpe à travers les éboulis. Il est aussi possible de passer par la crête mais le ciel gris m’en dissuade. Arrivé au col, je décide ensuite de monter dix minutes de plus jusqu’au pic du Malrif (2909 m), point culminant de cette cinquième étape du Tour du Queyras.

De là, on voit loin dans la vallée et certains sommets autour sont impressionnants. Le panorama est notamment composé du lac du Grand Laus, du pic du Grand Gleizas, du Petit Rochebrune et du vallon du torrent de Pierre-Rouge, dans lequel je devrai descendre ensuite.

tour du queyras grand laus
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De gros nuages empêchent le soleil de pleinement briller sur les montagnes mais je suis seul, au sommet. C’est un genre de plaisir dont je ne me lasse pas ! Etre seul au sommet d’une montagne est quelque chose d’unique pour moi.

La plupart des randonneurs montent jusqu’au col pour redescendre ensuite directement de l’autre côté. Un casse-croûte rapide et je repars.

La descente jusqu’aux Fonts de Cervières, terminus de l’étape du jour, est longue mais agréable. La majorité du temps, elle se fait en balcon à travers les alpages. On a l’impression de marcher sur un fil tendu au-dessus de la vallée et la vue sur celle-ci est plongeante ! Comme tous les jours, les marmottes surveillent les marcheurs. De nombreux petits ruisseaux traversent le sentier.

L’omnipresénce de l’eau sur le Tour du Queyras est une bénédiction pour un trekkeur en autonomie. L’eau coule partout, sous forme de sources, de rivières ou de torrents puissants. Grâce à des pastilles de purification, je n’ai jamais été obligé de devoir transporter trois ou quatre litres d’eau (voire plus) comme cela avait été le cas dans certains coins des Pyrénées lorsque j’en avais effectué la traversée d’est en ouest.

Ainsi, en prévoyant mes étapes, je savais que je pouvais ne porter qu’un litre d’eau sans craindre de marcher «à sec» pendant des heures.

col du malrif

Au col du Malrif, en descendant vers les Fonts de Cervières

marmotte
descente fonts de cervières

Vue sur les crêtes, en arrivant aux Fonts de Cervières

Lorsque j’arrive au refuge des Fonts de Cervières, il y a beaucoup de vent, les nuages sont plus menaçants que ce matin mais il ne pleut pas.

La première chose que je fais au refuge, c’est prendre une douche ! La première depuis six jours. C’est agréable de re-devenir propre, même si je sais que cette sensation ne durera pas longtemps.

Après un moment de lecture sur la terrasse du refuge, je décide de partir en quête d’un endroit pour poser ma tente. C’est à ce moment précis qu’il commence à pleuvoir à grosses gouttes ! L’averse ne dure pas longtemps mais plutôt que de partir dès qu’il ne pleut plus, je préfère attendre d’être sûr que c’est terminé. Bingo : un quart d’heure plus tard, il pleut de nouveau, plus fortement que la première fois.

Lorsque je suis sûr que le ciel est dégagé et que les nuages se sont vidés, je pars sur un chemin forestier qui longe un ruisseau pour trouver l’endroit de mon camp pour le soir. Je me pose dans une petite prairie dans la forêt, à proximité de l’eau qui coule. Je profite d’avoir du bois à proximité pour faire un feu, réchauffant et rassurant.

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Informations complémentaires

 

  • Dénivelé positif : 1120 mètres
  • Dénivelé négatif : 980 mètres
  • Distance : 14,5 kilomètres
  • Temps de marche : 7 heures

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